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 Letter From A Vegan World

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Bidalinouette
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Vos animaux : Grisou, Kumquat, Savannah, Noursonne, Eden, Roméo, Foly et les 3 bb les pouics, Noisette la pinou
Humeur : Sauveuse de ptit pouics et autres
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MessageSujet: Letter From A Vegan World   Dim 22 Aoû 2010 - 10:17

Chers amis et co-activistes,


Au moment où la plupart des organisations de protection animale sont
activement en train de promouvoir, préconiser et valoriser les produits
animaliers et les méthodes d’élevage « humains », je vous écris au
nom de trois bénéficiaires de cette clémence.

Pour l’industrie ils sont connus en tant qu’unités de production n°6, n°35 et
n°67 595. Pour le consommateur « compatissant », ils sont connus
en tant qu’étiquettes de bonne conscience : « le lait bio »,
« le veau rosé » et « les œufs bio ». Aux défenseurs du
bien-être ils sont connus en tant qu’ « alternatives humaines ».
Entre eux ils se connaissent en tant que mère, fils, sœur, ami. Pour eux-mêmes,
ils sont simplement ce que vous et moi nous sommes pour nous-mêmes : un
monde auto-conscient et autocontrôlé d’expériences subjectives, d’émotions, de
peurs et de souvenirs– quelqu’un avec la certitude absolue que sa vie vaut le
coup de vivre.





N°6 est mère pour la première fois.
Elle est frénétique. Son enfant a disparu. Elle arpente désespérément dans son
enclos, beuglant, pleurant et appelant son petit qu’elle a perdu, craignant le
pire ; ses peurs sont confirmées. Elle est l’une des milliers de femelles
sans défense qui est née dans la pittoresque et verdoyante ferme de lait
biologique. Elle passera sa courte vie en deuil, perdant enfant après enfant.
Elle sera traite inlassablement au travers de nombreux cycles de grossesse et
de deuil. Sa seule expérience de maternité sera celle de la pire perte d’une
mère. A la fleur de son âge son corps cèdera, son esprit se brisera, sa
« production » de lait déclinera et elle sera envoyée à l’abattage
horrifiant avec d’autres mères en deuil et épuisées comme elle.
Elle est le visage du lait biologique.









N°35 est un bébé de deux jours.
Son cordon ombilical est encore attaché, son pelage est encore recouvert des
fluides d’accouchement, ses yeux encore flous, ses jambes tremblotantes. Il
pleure pitoyablement pour sa mère. Personne ne répond. Il vivra sa courte vie
en tant qu’orphelin, sa seule expérience d’amour maternelle sera celle de se
languir de sa mère, sa seule expérience de connexion émotionnelle, celle de
l’absence.
Bientôt, le souvenir de sa mère, de son visage, sa voix, sa senteur auront
fané, mais la douloureuse et irrépressible aspiration à sa chaleur sera
toujours là. A l’âge de quatre mois, lui et les autres orphelins comme lui
seront entassés dans des camions et amenés à l’abattoir.
Même traîné sur le sol de l’abattoir, il sera toujours en train de chercher sa
mère, désirant toujours désespérément sa présence encourageante, surtout dans
ces moments sombres où il sera effrayé et aura besoin d’elle plus que jamais –
au milieu des visions d’horreur, des bruits et des odeurs de la mort autour de
lui. Dans sa détresse, dans sa recherche d’un peu de consolation et de
protection, il, comme la plupart de petits veaux, va essayer de téter les
doigts de son tueur.

Lui est le visage du « veau rosé » que les « patrons de restaurants
responsables » sont encouragés à proposer à leur menu







N°67 595 est l’une des 80 000
poules dans un établissement familial d’œufs biologiques.
Elle n’a jamais vu le
soleil ni senti l’herbe sous ses pieds, elle n’a jamais rencontré sa mère. Ses
yeux piquent à cause des fumées brûlantes d’ammoniac, son corps déplumé est
couvert de blessures et d’abrasions, ses os sont cassants à cause de
l’épuisement par la production d’œufs, son bec coupé est palpitant de douleur.
Elle est exténuée, épuisée et défaite. Après toute une vie de privation
sociale, psychologique, émotionnelle et physique, elle s’en sort en picorant
des cibles fantômes pendant des heures sans fin. Elle a deux ans et sa vie est
terminée. Sa production d’œufs a diminué et on s’en débarrassera par les moyens
les moins chers – elle sera gazée avec les autres 80 000 poules de sa
communauté. Cela prendra trois jours complets pour finir le travail. Pendant
deux longues journées elle entendra les bruits et respirera les odeurs de ses
sœurs en train de mourir dans les bidons de gaz à l’extérieur de son étable. Et
à la troisième journée ce sera à son tour. Elle sera attrapée par ses jambes et
amenée dehors pour la première fois de sa vie et, comme toute un chacune de ces
80 000 poules épuisées, comme chacune de ces 50 milliards de victimes
annuelles de notre appétit, elle se battra pour continuer à vivre et elle
n’acceptera aucune explication et aucune justification pour être privée de sa
pathétique vie unique.

Elle est le visage des « œufs biologiques » dont nous encourageons
l’utilisation par les campus universitaires, les entreprises et les
consommateurs.




Ce sont les « bénéficiaires » de pratiques de
« l’agriculture humaine » que nous, les défenseurs d’animaux, sommes
en train de développer, promouvoir, et récompenser publiquement en encourageant
les consommateurs « compatissants » à acheter les produits que nous
ne connaissons pas comme étant autre que de la misère. Les pratiques tellement
« humaines » que, si nous étions forcés à les endurer, nous ne
pourrions les décrire comme humaines.

Nous, les activistes, savons qu’il n’existe pas d’élevage compatissant,
responsable ou éthique à aucune échelle. Nous savons que la seule alternative
éthique et humaine est la vie végétalienne.

Pourquoi sommes-nous si peu nombreux à dire la vérité ? Pourquoi
décrivons-nous les produits « biologiques » en tant qu’humains alors
que nous connaissons l’horreur que ces pratiques infligent sur leurs
victimes ? Pourquoi nous mentons-nous à nous même et au public sur le fait
que l’élevage « responsable » est tout sauf un mythe, une combine de
marketing, un label trompeur ? Pourquoi tant parmi nous abandonnent les
vies animales en encourageant la consommation de leur chair, œufs et lait,
quand notre seul devoir est de nous battre pour leurs vies comme si c’étaient
les nôtres ? Pourquoi soutenons-nous la pratique de la consommation
d’animaux quand nous la savons si brutale, inexcusable, excessive et
complètement inutile ? Pourquoi récompensons-nous les consommateurs qui en
demandent plus alors que l’élimination de cette pratique est notre lutte
principale ? Pourquoi renforçons-nous et encourageons-nous les
présomptions spécistes du monde, quand notre travail, notre seule tâche en tant
qu’éducateurs végétaliens et activistes est de défier et de changer ces
préjugés en offrant une nouvelle façon de considérer les animaux non-humains,
une nouvelle manière d’interagir avec eux, un nouveau mode de vie, une nouvelle
manière d’être dans le monde ?

Beaucoup d’entre nous justifient notre approbation de produits animaliers
« humains » et notre poursuite de réformes sociales en disant que le
monde n’est pas prêt à changer, qu’il pourrait ne jamais devenir végétalien,
que le meilleur que l’on puisse accomplir est de réduire la souffrance des
animaux condamnés aujourd’hui. Mais ce n’est pas vrai. Ce n’est pas un fait.
C’est une peur – une peur d’agir, un échec de volonté, une attitude défaitiste
et, en fin de compte une prophétie qui s’accomplit d’elle-même.

La vérité c’est que le monde
peut changer. En effet, le monde a déjà changé beaucoup de fois
auparavant, et il a changé de façons qui semblaient impossibles à ce moment là.
La vérité c’est que le monde
changera, mais seulement si
nous travaillons dans le but de ce changement. Il restera pareil si nous, les
agents de changement autoproclamés, l’encouragerons de rester pareil. Il
changera si nous dirons tous la vérité : qu’il n’y existe pas d’élevage ou
d’utilisation d’animaux de quelconque manière qui soient humains, la vérité que
la seule alternative humaine est la vie végétalienne, la vérité que l’élevage
de quelconque échelle est un désastre éthique et environnemental, la vérité que
les animaux sont des personnes comme toi et moi, mais simplement non-humains et
qu’ils ont le même droit inhérent que toi et moi à la vie et à la liberté. La
vérité que la vie végétalienne n’est pas un choix de « style de vie »
mais un impératif moral.

Nous pouvons faire mieux. En effet, nous avons l’obligation de faire mieux.

Je vous invite à voir par vous-mêmes combien peut être accompli quand un petit
groupe d’activistes dédiés consacrent tout leur temps et ressources à une
éducation végétalienne qui ne sape pas, mais est en harmonie avec notre but
ultime – la Libération Animale – et quand le message Go Vegan (deviens
végétalien) est central à toute et chacune de ses communications, à partir des
ressources en ligne, passant par la littérature imprimée, les publicités, les
démonstrations, les affichages, les événements de soutien, aux explorations en
profondeur des personnalités d’animaux d’élevage – détaillés dans les portraits
individuels publiés sur le Blog de la Prairie.

Sur un budget minime, avec un groupe d’éducateurs de véganisme bénévoles, qui
sont déterminés à dire toute la vérité sur la production de la viande, du lait
et des œufs, une petite organisation (populaire) comme Peaceful Prairie
Sanctuary a pu construire quelque chose d’aussi grand. Alors que les
organisations opulentes ont non seulement échoués à mettre en valeur ce
message, mais l’ont sapé au travers des années de travail anti-végan. Un monde
végétalien éclatant pousse au milieu du monde non-végétalien, un endroit où les
animaux réfugiés sont vus et représentés comme les personnes qu’ils sont de droit,
un endroit où les résidents humains travaillent inlassablement pour rien de
moins qu’une libération totale, un Etat Libre au cœur de ce monde subjugué par
l’homme, un endroit où les principes d’abolition sont appliqués en mots, en
pensées et en actes. Une enclave végétalienne dont seule la présence a déjà
changé la géographie physique, politique, psychologique et spirituelle du
monde.

Je vous invite à faire cette expérience par vous-mêmes. Rejoignez nous dans
notre lutte afin d’étendre sa portée. Aidez nous à la rendre sans frontières.



Joanna Lucas
Peaceful Prairie Sanctuary



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