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 Du welfarisme a l'abolitionnisme, ou comment la cohérence éloigne des normes

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Bidalinouette
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MessageSujet: Du welfarisme a l'abolitionnisme, ou comment la cohérence éloigne des normes   Dim 23 Jan 2011 - 15:49

J'ai exposé dans la précédente note, les raisons pour lesquelles, si
on devient réaliste, on se rend compte qu'une certaine dose de
souffrance est nécessaire si l'on veut élever des
animaux, l'abus étant inhérent à la notion de propriété d'un être
sensible. C'est donc en particulier vrai pour la viande, mais aussi pour
toute forme d'élevage. J'insiste sur la viande, car en
toute objectivité, si l'on se débarrasse de ses a priori culturels,
il est difficile de considérer que l'abattage d'un animal en parfaite
santé pour utiliser sa chair n'est pas un abus.





Le welfarisme se définit comme une défense du bien-être des animaux
d'élevage qui ne remet pas en cause l'élevage. Dès lors, il devient
difficile de dire si le welfariste est un fantasmeur
ou un hypocrite.



De deux choses l'une.

Soit le welfariste est quelqu'un qui s'imagine qu'on peut élever des
animaux dans le monde entier sans que jamais aucun de soit frappé, ou
affamé, ou assoiffé, ou maltraité d'une quelconque
manière, et qui considère qu'abattre un animal pour vendre sa chair
n'est pas un acte de violence à l'encontre de cet animal. Et là, on est
dans le fantasme.

Soit le welfariste est quelqu'un qui défend le droit des animaux à
ne pas souffrir, tout en acceptant qu'ils souffrent pour que l'on puisse
les utiliser pour leur lait, leur viande, leur laine,
ou quoi que ce soit. Etant donné que les vegans prouvent chaque jour
que ces choses ne sont pas nécessaires, considérer que ça vaut le coup
que les animaux souffrent pour ça, tout en prétendant
défendre leur droit à ne pas souffrir, c'est de l'hypocrisie



En réalité, je pense que c'est ni l'un ni l'autre, voire un peu les
deux. Le welfariste est juste quelqu'un qui a le cul entre deux chaises.
Il n'aime pas trop que les animaux souffrent, mais il
n'a pas envie de renoncer à les utiliser, donc il faut bien qu'ils
souffrent quand même un peu. Ce pseudo-raisonnement ne mène nulle part.
Bref, cela revient à ce que je disais au départ: le
welfarisme est l'objet d'une réflexion inaboutie, voire d'un embryon
de réflexion, qui omet de se débarrasser de ses carcans intellectuels.



On peut également voir le welfarisme comme le résultat de la
schizophrénie sociale évoquée par Gary Francione. D'un côté, les animaux
sont des êtres sensibles, de l'autre côté, on a le droit de
les utiliser comme des objets. Le résultat est une pensée avortée,
qui prétend défendre la vie sans mettre en danger l'économie, défendre
les intérêts de l'animal sans s'opposer à sa mise à mort
inutile.



Soit on défend les intérêts de l'animal sans remettre en cause les
normes, les conventions sociales, l'économie, sans remettre en question
les valeurs que la société nous a inculqué, donc en
restant "modéré" et on se retrouve le cul entre deux chaises, on
reste welfariste. Soit on défend les intérêt de l'animal, un point c'est
tout, et on devient abolitionniste. Pour cela il faut
bouleverser un peu ce qu'on a appris jusque là, ce qui n'est pas
facile. Tout dépend de deux choses, principalement: si l'on est
finalement prêt à accepter que des animaux souffrent pour nous, et
si l'on est prêt à remettre en question tout ce en quoi l'on a cru
jusqu'alors. Car, il ne faut pas se voiler la face, il est nécessaire de
renoncer à énormément de ses croyances et des idées que
l'on a apprises, pour aller jusqu'à l'abolitionnisme.



C'est pourquoi l'abolitionnisme est perçu comme extrêmiste (par
rapport aux normes sociales). L'abolitionniste peut être vu comme un
welfariste qui ne se serait pas laissé arrêter dans son
raisonnement par les convention sociales. Dans la défense pour les
droits des animaux, il faut malheureusement choisir entre l'incohérence
et la déviance. Je choisis la déviance.

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